DEADLINE NOW 2007 - Cie PERSONA Portugal
Par Marco, mardi 21 août 2007 à 23:23 :: Danse :: #8 :: rss
La Compagnie PERSONA du Portugal en résidence à Eymoutiers du 21 au 28 juillet 2007

C'est la première fois qu'une compagnie est en résidence à Eymoutiers pour le festival. Un coup de coeur...
Un jour, à Paris, je reçois un coup de fil : c'était Phil VON de Von Magnet (www.vonmag.net). Il se produisait à Paris dans un lieu branché Bastille, je n'ai rien compris, mais j'ai tilté qu'il y aurait beaucoup d'amis et puis de toute façon quand Phil m'appelle, je dis oui d'emblée. Je devais dire un texte au cours d'une performance : musiciens, danseurs. Il y aurait Flore, d'autres potes, Wild Shores, Phil qui danserait, etc. Répétition tel jour à telle heure. Le texte me serait envoyé par mail dans le courant de la semaine...
La répétition avait lieu dans une cave voutée avec portes insonorisées. Je suis entré à l'heure dite, légèrement clostrophobisé, et me suis installé discrètement dans un coin, histoire de boire un café, fumer une clope et regarder. La musique était super, les danseurs très concentrés, il y avait des valises partout dans la pièce, des effets personnels, des barres de chocolat, des kleenex, des sacs ouverts, tout le monde travaillait sec. Ils partageaient quelque chose de sérieux.
Puis il y a eu un filage et on m'a tendu un micro. Flore m'a demandé si j'avais le texte, j'ai dit oui et je l'ai sorti. "Il y a eu quelques modifications mais ne t'inquiète pas !". No problemo. On a pris cinq minutes avant de commencer, le temps de se dire bonjour. Les danseurs venaient juste d'atterrir, ils étaient un peu déboussolés. Sortir d'un avion pour entrer dans une cave !!! Noir. Musique. N'importe quel noir mais pas n'importe quelle musique !

J'ai senti immédiatement la tonalité du propos : on était vraiment embarqués sur la Compagnie aérienne DEADLINE NOW!!! Trois jours de folie, de rires, de pied total. Après le spectacle à l'OPA Bastille, on a été dans Paris, une cave à Ménilmontant, bière à gogo puis on s'est dit au revoir. Je n'avais qu'une idée en tête : les revoir et replonger dans le corps et leur musique.
Le festival d'été d'Eymoutiers était une bonne occase alors j'ai potassé toute l'année pour les faire venir.

Nombreux coups de téléphone et échanges de mail avec Ligia, courriers, propositions de contrat... vers la fin 2006, elle m'annonce que la municipalité de Santa Maria de Feira propose de prendre en charge leur voyage ! Une chance et une belle économie pour le festival. Alors ça devient possible ! De toute façon j'aurais tout tenté pour qu'ils viennent ! Marie, la patronne du Café des Sports, a mis gracieusement à notre disposition trois chambres de l'hôtel, Mélanie a prêté son appartement, Betty, Louise, Stéphane et moi, on a fait le ménage, Micheline a cuisiné, Dadou a servi, tout le monde a mis du sien comme on sait faire chez nous et, un dimanche de juillet, ils sont arrivés en mini bus...

Rencontre à Peyrat le Château avec la compagnie 7AC car nous jouions ce soir-là "Les Bons Bourgeois" sur la plage, ils ne restent pas longtemps, ils sont crevés, 1500 kms dans les pattes. Ils sont passés par politesse mais ils ne sont pas frais malgré la douche et la sieste. On se verra demain.

Le lendemain on déjeûne ensemble au café des Sports. Marie nous avait réservé une salle à manger au premier étage, rien que pour nous. Vidéoprojecteurs, accessoires de toutes sortes, bagages s'entassent dans le fond de la salle. La tablée prend toute la place. Micheline monte et descend les escaliers avec le sourire. Quartier libre l'après-midi. Pas pour nous, ce dimanche soir on joue la pièce sur la plage de Bujaleuf. Montage. On se donne rendez-vous vers 19 heures pour dîner ensemble au bord de l'eau. Ca leur va très bien. Nous on file...

Tout était prêt à 19 heures, il ne restait plus qu'à installer le dîner. J'avais commandé les repas, ils étaient dans des caisses, le vin, rouge et rosé, dans des bouteilles, les petits plats dans les grands... il y avait encore beaucoup de monde sur la plage. Il y avait eu toute la journée une foire artisanale et le temps était beau. En cadeau de bienvenue, ils ont amené du porto qu'on a bu tous ensemble. Nous, comme des ânes, on n'avait rien trouvé de mieux à faire comme entrée que du melon au porto. On avait l'air con. Poulet à l'aioli (ils connaissaient pas), salade, pommes de terre du jardin, fromages, dessert maison... quel moment merveilleux et simple que ce dîner, qui debout, qui ailleurs, autour d'une table improvisée, et sanchez !!!

Les jours qui ont suivi, on ne s'est pas quittés. Le stage a commencé le lundi matin matin à la salle polyvalente à 10H. Betty et Emilie ont décidé de le faire jusqu'au bout, malgré leur boulot et leur engagement dans la pièce de théâtre. Romain y a mis le nez aussi. Jean-Michel était venu exprès. Incroyable copain de classe que je n'avais pas revu depuis 37 ans, rencontré sur un spectacle à Paris, pot au bar, discussion, que fais-tu ?, qu'est-ce que tu deviens ? Je lui parle du festival que j'organise dans le Limousin. Il semble intéressé par le Limousin, forcèment on était en classe ensemble à Limoges au Collége Guy de Maupassant !!!

C'est lui Jean-Michel, avec Betty ! Je lui parle, non pas de Limoges où je ne mets pratiquement jamais les pieds, mais d'Eymoutiers. Et là, il saute : "Je suis né à Eymoutiers !!!" C'est trop beau. Il fera donc le voyage pour suivre le stage avec PERSONA et revoir son bourg natal. Quel pied !!!

Le stage a duré quatre jours, le deal c'était que les "stagiaires" soient prêts le jeudi soir pour participer au spectacle avec PERSONA. Marc Roques est venu nous rejoindre pour la technique, écrans, vidéoprojecteurs, son, lumières... moi, sur mon scooter, allant de la mairie à l'hôtel, de l'Office de Tourisme à chez Bertrand pour la buvette, fouinant une rallonge, du gaff, des sandwiches, de la bière, de l'eau minérale, des agrafes, une échelle, surveillant le timing, gérant les spectacles qui avaient lieu entre temps en d'autres lieux. Parfois je m'échappais : j'allais dans mon coin secret au bord de la Vienne me foutre à poil et tremper mon cul dans l'eau, sans fringues et sans portable. Une demie-heure ou une heure, selon, ou bien boire un café chez Marie-Hélène à l'Escapade... faire un flipper ou échanger trois conneries avec des gars du coin...

Le soir on se retrouvait au Potron Minet, chez Ludo, pour l'apéro... parfois on mangeait chez moi à Beaulieu, parfois chez Ludo. Je jouais du piano... Notre vie était tellement sympathique qu'on ne savait plus quoi s'offrir de meilleur. Un soir Tristan dit : "Demain je vous emmène aux rochers de Négremont !"

Le jeudi 26 au soir le spectacle a été fantastique. Il y avait une bonne centaine de personnes, une ambiance de fête, les 13 qu'ils étaient et notre bonne dizaine, plus les copains venus de Limoges, ceux de Paris et d'ailleurs, les copains pelauds et le public ! Après le spectacle, le public est resté longtemps au bar de la salle polyvalente, tout a été démonté rapidement (tu parles, on était une vingtaine) on peut voir les photos sur leur blog (http://companhiateatropersona.blogspot.com/). La rigolade !!! Ensuite on a dressé une grande table dans le hall et on a dîné tous ensemble. Décompression.

C'est le lendemain qu'on a été aux rochers de Négremont... juste avant le spectacle de Dominique DESMONS au Potron Minet. Ils sont venus les Portuguais, qu'est-ce qu'ils ont rigolé ! J'étais content qu'ils entendent de la chanson française d'avant-guerre. Comme ils partaient le lendemain, ils ont proposé qu'on aille tous à l'hôtel, dans l'apparte : ils avaient préparé un cocktail maison ! On a foutu un foin toute la nuit !!! Quelle joie d'être ensemble ! Des gens transparents, tout de face, l'eau à la bouche et le rire dans les yeux ! Des amis ! Des frères !

Couchès cinq ou six heures... Qui est resté dormir, qui ne sait plus... mais toujours avec le sourire. Dur, dur de savoir qu'ils partiraient quand on se réveillerait ! Mais non. Politesse, politesse. Ils savaient qu'on jouait le soir à Eymoutiers sous la halle donc ils ont laissé traîner l'après-midi, emplettes, rangement, balayage, salutations... pot en terrasse, toujours là sans être dans les pattes, mais toujours là, du regard, du sourire, du coin de l'oeil... De la terrasse du Grand Plazza (le café des Sports car la patronne s'appelle Plazanet !!!) à la halle, il n'y a qu'un angle et cinquante mètres à faire... nous nous sommes donc vu et avons pu concerser toute la journée. Tout s'est fait en se défaisant, comme une pelote d'amitié et d'amour.

Les adieux avec Tatiana ont été magnifiques : l'avenue de la Paix avait été fermée à la circulation par des panneaux et des barrières municipales, ce qui donnait à cette voie un air de piste d'envol où aucun oiseau n'aurait songé à se poser... elle m'attendait à genoux, ou plutôt, non, elle est tombée lentement à genoux quand elle m'a vu arriver, le public commençait à arriver pour le spectacle de théâtre sous la halle, les gens ne savaient plus où avait lieu le spectacle, s'il était dans la rue ou sous la halle, c'était beau ces deux corps proches de la séparation.

Tatiana, c'est elle ! Elle se maquille pour me dire au revoir ! En pleine rue, sous le ciel.

Aujourd'hui nous sommes riches. En partant, ils ont dit : "Nous avons été reçus comme on aimerait recevoir !" Pendant tout le séjour, ils se sont émerveillés de notre campagne et de la qualité des gens qui l'habitent. La compagnie 7AC projette d'aller au Portugal début septembre. Moi je suis coincé à Paris ! Mais j'irai avec Louise en octobre peut-être. Sur la terre où nous sommes, l'amour peut être reçu à chaque seconde.


Commentaires
1. Le jeudi 23 août 2007 à 15:28, par Lígia et Simão
2. Le lundi 14 avril 2008 à 16:33, par Laurent Bourdelas
3. Le jeudi 1 mai 2008 à 10:54, par david the nefew
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